L'Ensemble Théodora propose une soirée baroque à l'heure anglaise. Un délicieux mélange de musiques savantes et d'airs de danses populaires
Ensemble Theodora
Mariamielle Lamagat, soprane
Louise Ayrton, violon
Alice Trocellier, viole de gambe
Lucie Chabard, clavecin
Depuis la création de notre ensemble, nous explorons les liens entre nations européennes au tournant du XVIIIe siècle.
Un tropisme qui peut-être s’est développé grâce à notre rencontre - quatre expats françaises dans les couloirs de la Royal Academy of
Music de Londres. C’est donc tout naturellement que nous nous sommes intéressées aux compositeurs également expatriés.
Ainsi, ce programme célèbre la créativité des compositeurs européens installés à Londres au XVIIe et début du XVIIIe siècle, présentant des pièces de Nicola Matteis, Giovanni Battista Draghi, Charles Dieupart, Gottfried Finger et bien sûr de Georg Friedrich Händel, dont les cantates anglaises - à l’attribution certes ambiguë - restent encore trop méconnues. A celles-ci viennent se mêler les mélodies extravagantes du English Dancing Master (1651), la sélection de John Playford de contredanses anglaises, qui resta populaire au cours du 18e siècle.
Henry Purcell, maître inégalé dans l’Angleterre de la seconde moitié du XVIIe siècle, s’inspira en retour de ses collègues français et italiens. Le goût du roi Charles II, ayant passé une partie de sa jeunesse en exil en France, pour la musique de Lully, se transmet en effet aux musiciens anglais à cette période. Cependant, dans les deux airs de Purcell présentés dans ce programme, c’est bien l’influence italienne qui s’exprime, avec des mélismes et chromatismes dramatiques, et l’utilisation de basses obstinées